Ce médicament est utilisé par les adolescents contre l'acnée (Roaccutane® depuis plus de vingt ans, et ses génériques tels que Curacne®, Procuta® et Contracné® depuis 2002). Depuis 1995, il fait l'objet d'une surveillance particulière, suspecté de pousser au suicide. L’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) nous met en garde. Lire son communiqué de presse : http://www.datapressepremium.com/rmdiff/CPisotretinoine1.pdf
11/27/2007
Alerte de l'AFSSAPS contre Roaccutane®
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11/27/2007 07:30:00 AM
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Libellés : psychiatrie
6/13/2007
When the entourage ignores the suicide
The entourage often passes beside the preparations of a suicide. Sometimes, it is not informed of the whole of it. Deferred action, it has evil to understand what remains often a long time a mystery. Certainly, this incomprehension is fed by the former ignorance of the intentions of committed suicide. Why such an ignorance? Why such a surprise?
The example of the Segantini painter, that Karl Abraham studied, shows that neither its entourage, nor itself knew its close death. Segantini thought of death. But, it did not believe in his, it was not thought mortal. On the contrary, Segantini was impassioned by painting of the mountains. Its entourage was wrongfully reassured and believed it impassioned. Segantini affirmed to have chosen the life ! Therefore Abraham speaks about “unconscious suicide” about it. However, the ultimate term of its passion of painting was indeed death. But, Segantini did not know it.
Under could these conditions, how an entourage which does not suspect nothing be alarmed at the danger? It is as possible as this entourage does not want to take into account indices of suicidal tendencies of which the consequences frighten him.
The entourage has thus a double task to realize after a death by suicide. The first being to recognize that it is indeed about a suicide, in spite of appearances of accident of all kinds. It will be a question for this entourage of overcoming the initial surprise, of deciphering the sometimes thin signs of the last suffering of committed suicide and of clashing with the enigma of an act whose entourage realizes deferred action of the determinants without being able to have the confirmation of it.
We think that committed suicide already made them share of it. But that the entourage did not want to hold of it account for often ridiculous conscious reasons, articulated with the unconscious wish of died of their close relation. It is the whole of these obstacles to the awakening by the entourage of the suicidal dimension of the behavior of their close relation of which we wish to return account. It could appear important to underline this near the entourage, in the situation of the death by suicide of their close relation.
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6/13/2007 07:48:00 AM
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Libellés : entourage, psychiatrie, Segantini
2/11/2007
Rien ne protège du suicide
Comme annoncé dans un précédent billet, j’ai lu le témoignage d’Agnès Favre sur le suicide de sa fille Sarah. A la fin de cet ouvrage[1], Marie Choquet[2] tire les conclusions de ce texte.
Elle parle de la position des parents qui ont perdu leur enfant. Tous plongés dans une souffrance incommensurable. Et M. Choquet se pose la question cruciale. Que peut faire un psy pour l’un de ces parents ?
Dans certaines conditions il est possible que ce psy « fasse intrusion » dans la vie quotidienne de ceux qui "survivent" (un terme mal choisi). Pour aider ces parents à comprendre. En sachant que la science ne peut "entièrement" expliquer l’acte d’un jeune qui a fait une tentative de suicide.
Il y a des facteurs qui nous induisent en erreur à propos du dépistage du risque suicidaire d'autrui.
1- l’origine sociale, les jeunes suicidants ne sont pas forcément pauvres, malades, déscolarisés, habitant dans un quartier « chaud ». Au contraire, le suicide est surtout élevé dans les pays riches comme la Suisse.
2- Certains de ces jeunes suicidants étonnent par leur beauté physique
3- Ils peuvent être créatifs et investis dans des activités de loisirs ou humanitaires
4- Ils peuvent être de bons élèves donnant satisfaction à leur enseignant
5- Il arrive qu’ils bénéficient de toute l’attention de leurs parents, voire qu’ils aient des parents qui les « surinvestissent ».
6- Il arrive enfin qu’ils soient eux-mêmes investis dans une relation amoureuse
Donc, si vous êtes des parents aisés, habitant dans un quartier tranquille, et que votre enfant est beau physiquement, qu’il s’investit dans ses loisirs, qu’il réussit à l’école, ce à quoi vous êtes attentif, et qu’il un(e) petit(e) copain(ine), alors : rien de tout cela ne le protège du suicide.
Ce que M. Choquet résume de la façon suivante : « Il a tout ce qu’il veut, mais justement, c’est cela qui le perturbe ».
Rien de ce que l’on connaît jusqu’à maintenant sur le suicide n’explique entièrement le passage à l’acte d’un proche. « Ainsi, on voit des jeunes, dans la même situation que des jeunes suicidants, mais qui ne passent pas à l’acte. On voit aussi des jeunes dans des situations bien pires, qui eux aussi ne manifestent ni idées suicidaire, ni passage à l’acte ».
Mais, selon M. Choquet, il est quand même possible de faire quelque chose. Aider les parents à s’exprimer et chercher à comprendre. Percevoir mieux et plus vite qu’un adolescent va mal et prendre cela au sérieux.
[1] - L’envol de Sarah, Agnès Favre, Max Milo, janvier 2007
[2] - directeur de recherche, INSERM U 669, maison de Solenn, maison des adolescents, Paris
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2/11/2007 07:10:00 PM
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Libellés : facteurs de risque, psychiatrie
2/08/2007
Les vertus de la parole
La tendance se confirme. Toujours rien dans la presse papier. Il y a un ou deux articles dans les quotidiens nationaux ou locaux. Puis, plus rien. Rétrospectivement, ces articles apparaissent comme une politesse rendue à la cause défendue par tant de bénévoles de l'écoute et des associations de prévention. Mais, et cela laisse un arrière goût amer, cela s'arrête là. La mayonnaise a bien du mal monter. Sur le net, il y a eu cette semaine une chose assez intéressante qui prouve les vertus de la parole. Michel Debout, vénérable organisateur de ces journées nationales pour la prévention du suicide, a accepté de répondre aux questions du "tout venant" dans un chat du Monde. Merci à lui, c'est courageux et assez didactique. Une question m'a fortement intéressée: le suicide des sans-papiers. Très, très... très bonne question ! Debout n'en sais rien. Il présume que toutes les conditions sont réunies pour favoriser le passage à l'acte quand quelqu'un se trouve dans cette galère. Mais, il glisse du côté des maladies associées, du harcèlement et de la violence conjugale. Que peux penser une personne à qui l'on refuse son inscription dans la société française. "Je ne le sais pas !", avoue-t-il. Le refus de donner des papiers est un acte ignioble de la République. Aux relents historiques plus que nauséabonds ! Et pourtant, sommes-nous si ignorants ? N'avions-nous pas entendu cet été ces histoires d'africains de l'ouest que le désespoir pousse à prendre leur esquif de pêche pour traverser l'océan et finalement buter sur la police des frontières espagnole, lire. N'est-ce pas vrai que l'espoir a poussé des centaines de personnes à ce suicide qui consiste à aller au delà de toute prudence ? La responsabilité de l'Europe n'apparait-elle pas lourde et criminelle quand elle rebute ceux qui croient en elle ? Alors, pourquoi escamoter la dimension politique de la prévention du suicide ?
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2/08/2007 07:01:00 AM
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Libellés : Actualité, psychiatrie
1/18/2007
Aby Warburg
En 1918, Aby Warburg menace de se tuer et de tuer ses proches. Il se croit responsable de la défaite allemande, il a des hallucinations : « trois enfants ont été enfermés dans la salle de billard, ils n’avaient plus que la peau et les os ». Il croit que ces enfants ont été massacrés et qu’il les a dévorés !
Davide Stimilli vient de faire paraître l’histoire du traitement d’Aby Warburg[1]. Il est hospitalisé à la clinique Bellevue de Kreuzlingen, en Suisse, le 21 avril 1921, c’est Binswanger qui le soigne. On peut lire : «Raconte qu'on va bientôt l'exécuter ; que l'oeuvre qu'il fait imprimer en ce moment sera mise au pilon parce qu'on le tient pour un criminel, et que l'on a déposé du poison dans sa nourriture.»
Waburg est l’inventeur d’une nouvelle science : l’iconologie. « A l'époque où il soigne Warburg, Binswanger n'est pas encore Binswanger, et laisse voir quelques attitudes psychiatriques réductrices ou objectivantes mais aussi la percée d'une «communication existentiale», fondée sur l'écoute et l'empathie. Dans une lettre au philosophe Martin Buber, il distingue guérison (Heilen) et salut (Heile), thérapie et soin de l'âme (Seelsorge). On ne sait s'il a guéri ou sauvé Warburg. Aussi, dans la Guérison infinie, est-ce surtout la personnalité d'Aby Warburg qui émerge. Celui-ci est persuadé que sa guérison coïncidera avec la possibilité retrouvée de se consacrer à son travail scientifique. D'où le pari, formidable, qu'il lance : pour (é) prouver sa guérison, il demande l'autorisation de faire une conférence à la clinique, «devant un public de non-spécialistes ». Il la donne avec succès le 21 avril 1923. Elle porte sur le «rituel du serpent» et exploite tout le matériau anthropologique recueilli lors de son voyage chez les Indiens, vingt-six ans auparavant. De cette conférence, qui explore les origines du paganisme et de la magie, jusqu'aux liens avec l'art du Quattrocento, Ernst Gombrich dira qu'elle «contient en réalité la formulation la plus explicite que Warburg ait jamais donnée de ses idées ».
L’article de Robert Maggiori dans Libération.
[1] - Ludwig Binswanger, Aby Warburg La Guérison infinie, Edition établie par Davide Stimilli, postface de Chantal Marazia, traduit par Maël Renouard (allemand) et Martin Rueff (italien), Bibliothèque Rivages, 2007
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1/18/2007 07:12:00 PM
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Libellés : Biographie, psychiatrie
12/26/2006
Le modèle de Jacques Louys
Jacques Louys a rédigé une analyse[1] du suicide qui parait importante quand à la définition de ce qui est en jeu lire. C'est un modèle qu'il vaut la peine d'étudier.
Cet auteur fait d’abord remarquer qu’il existe un défaut d’élaboration psychopathologique en matière de suicide : « très peu de professionnels travaillent aujourd’hui réellement la clinique du suicide ». Ce qui est un fait. A déplorer ! Et c’est l’une des raisons de mon blog.
Puis, J. Louys s’attaque à la confusion qui règne dans le texte de la conférence de consensus d’octobre 2000 sous l’égide de l’ANAES, intitulée : La crise suicidaire : reconnaître et prendre en charge. Ce qui rend ce texte inutilisable en pratique clinique.
Oui ! Le compromis qui règne dans les conférences de consensus est établi au prix de la psychopathologie. Pour l’Anaes, mieux vaut être d’accord que d’y comprendre quelque chose !
Face à cette confusion, l’auteur établit des distinctions claires et précises sur la base de celles d’Esquirol, en 1830. Et il est malheureusement tout à fait possible que nous n’ayons pas beaucoup progressé depuis Esquirol.
A la lecture de J. Louys, il apparaît donc une série de couples distinctifs : aigu/chronique, impulsif/affectif, symptôme/trait, suicidaire/suicidant. J. Louys s’efforce d’inscrire ces couples dans une structure roulant sur deux rails parallèles en répartissant de chaque côté l’un des termes de ces couples distinctifs.
C’est une sorte de rangement général. Chaque trait est placé dans l’une des deux principales catégories : le suicide névrotique et le suicide psychotique.
a- le suicide névrotique : il est aigu, impulsif, le suicide est symptomatique du suicidant
b- le suicide psychotique : il est chronique, affectif, le suicide est un trait du suicidaire
La classification ainsi aménagée permet de souligner l’aliénation fondamentale du suicide. Premièrement, le suicide n’est pas un meurtre. Il ne peut être un acte volontaire. L’aliénation en question se base sur la logique du tout ou rien, sur la base d’une exclusion fondamentale. Soit le suicide est volontaire et ce n’est pas un acte. Soit, c’est un acte et il n’est pas volontaire. Dans les deux cas, ce n’est pas un meurtre.
Si le suicide est un acte, il relève de la première série, névrotique : ce sont des motions « secrètes » qui prennent le dessus, le sujet n’y a pas pensé, il ne s’y reconnaît pas comme l’auteur de l’acte. Le suicide n’est pas « contrôlé », il échappe au sujet. C’est le modèle d’un acte manqué névrotique, à ce titre involontaire.
Si le suicide est volontaire, il relève alors de la seconde série, psychotique : c’est un suicide préparé, ruminé, dont le modèle est celui de la mélancolie. Il est délibéré et volontaire, mais à ce titre, c’est un laisser-mourir, un abandon, un « arrêt de l’action de vivre ». Le sujet arrête simplement de lutter contre ce qui pourrait le tuer et il se fait « assister » par un autre. Il laisse faire, il n’est pas l’auteur, ce n’est pas lui qui agit. A ce titre, ce n’est pas un acte.
L’approche de J. Louys a ceci d’intéressant qu’elle se veut structurée par ces exclusions nominales. Elle est sous-tendue par une conception simple de la psychopathologie. Le sujet se construit sur la base de l’opposition entre son « moi secret » et son « idéal du moi ». Il y a ce que le sujet se dit côté jardin, en privé, de façon intime, en retrait des autres. Soit le « moi secret ».
Et il y a l’image idéale qu’il veut donner de lui en public, côté cours, auprès des autres. Soit « l’idéal du moi ».
Cette opposition sert d’appui à la logique du tout ou rien. Quand l’idéal s’effondre, le privé prend le dessus et c’est un suicide volontaire. Quand le sujet veut privilégier l’idéal, ce qui lui est privé ne parvient pas à s’exprimer hormis dans l’acte involontaire du suicide.
Sur cette base, J. Louys en vient à formuler des recommandations dans la prise en charge du suicide. C’est là que la démarche classificatrice semble donner ses meilleurs effets. Dans le cas de l’acte involontaire, il s’agirait de « soutenir », « reconstruire » et « travailler » le « moi secret », tout en maintenant « l’énigme de l’acte impulsif ». Dans le cas d’une volonté qui ne serait pas un acte, il s’agirait « développer » le « moi officiel, le moi-fort » pour le « tenir posturalement » et « se définir aux yeux des autres », lire.
Ce modèle est pourtant assez critiquable. Son nominalisme induit une exclusion paradoxale. C’est un modèle qui se passe de l’inconscient et de la pulsion !
Car, en somme, le « moi secret » ne serait pas assez secret et serait lui-même dépassé, dans le suicide, par quelque chose d’encore plus secret. De même, le « moi fort » ne serait pas assez fort, et il serait, dans le suicide, à son tour écrasé par quelque chose de plus fort que lui. Dans les deux cas, quelque chose que le sujet ne sait pas exister et qu’il s’agirait de travailler. Ce que le sujet ne sait pas : ce qui est insu, l’inconscient !
Enfin, J. Louys ne définit pas le meurtre qu’il écarte de principe. S’agit-il des actes suicide kamikazes ?
Il me semble pourtant que l’idée d’une approche structurale est effectivement ce qui manque dans l’approche du suicide. J’ai déjà eu l’occasion de commenter de telles approches, voir, et je projette d’y contribuer, voir. Comme le montre J. Louys, ce type d’approche permet d’avancer à la fois dans la clinique e
Alors, pourquoi écarter l’inconscient et le meurtre ? Pourquoi ne pas tenter de modéliser quelque chose qui intègre en son principe le désir de meurtre, la pulsion et l’inconscient ?
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12/26/2006 07:22:00 AM
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Libellés : mathème, psychiatrie
11/12/2006
Se faire la cible de l'agressivité contenue dans le suicide
En 2005, le Dr Xavier Pommereau prononce une conférence sur le suicide[1]. Son approche est très générale. Il évoque le suicide selon les axes divers de l’histoire, de la linguistique, des statistiques et la caractériologie.
Pommereau insiste particulièrement sur les pulsions meurtrières qui sous-tendent le suicide. Son propos est centré par la question de l’identité et le sentiment de ne plus exister pour les autres. Le suicidaire veut se faire remarquer et il envoie son suicide à la figure des autres pour tenter de se faire reconnaître.
La notion « d’explosion identitaire » parait difficile à comprendre. Ces explosions identitaires surviennent aux moments clés du développement de la personne (adolescence, changement de statut social ou traumatisme). Ce qui suggère que l’identité change de statut à ce moment. Il s’agirait de pouvoir contenir son agressivité au moment où l’adresse (le support, la cible) de cette agressivité disparaît ou va disparaître (la perte d’un parent, sa maladie par exemple). C’est-à-dire quand les parents refusent ou ne peuvent assumer le rôle de cible pour l’agressivité de leur enfant suicidaire. Pommereau suppose que c’est aussi le cas quand les parents « n’ont pas réussi à se forger une identité ».
Mais, si l’identité varie et glisse au cours du temps, comment les parents peuvent-ils se forger une identité définitive et fixe ?
En tout cas, pour Pommereau, le refus de se faire l’adresse de l’agressivité du suicidaire est une sorte d’impasse dangereuse.
Résumé d’écoute
Le suicide est plus compliqué qu’on ne l’imagine. On dit que c’est quelqu’un qui décide qu’il en a assez de vivre.
Mais, les philosophes se sont disputés sur cette question. Encore maintenant. Il y a d’une part, les philosophe : ils affirment que c’est l’exercice d’une liberté. D’autre part, les médecins : non, c’est une maladie. Il faut la comprendre pour y faire quelque chose. Enfin, l’église : c’est interdit de se suicider car la vie appartient à Dieu. Les anciens se trompaient. Mais, peut-être que les anciens avaient un sens plus profond du suicide.
Le suicide est-il un mot ancien ? Son origine latine est trompeuse. Le mot est jeune : mot introduit par un prêtre au 18ème siècle. Dans Hamlet, le mot suicide n’existe pas, c’est « self-abatage ». Peut-être que le mot « meurtre de soi-même » était trop fort ? Trop percutant ? Alors, le mot « suicide » était plus doux.
Ceux qui se suicident croient certaines choses, mais n’ont pas accès à d’autres. Sauf pour certaines personnes âgées, pour qui leur suicide est philosophique, en connaissance de cause.
Depuis les années 1970, on s’est rendu compte que le suicide a beaucoup augmenté et qu’il est l’apanage des pays riches et développés (au Nord de la planète, en gros). Et ce ne serait pas pour des raisons de biais statistiques. (pas seulement parce qu’ils n’auraient pas les moyens de faire de statistiques).
Depuis les années 1990, les chiffres se stabiliseraient à
Chaque population de suicidaire a un profil. La description du suicidant (celui qui tente) s’oppose point par point à celle du suicidé (celui qui a réussi). Méfiez-vous des analyses statistiques froides : rien dans les chiffres ne permet d’expliquer pourquoi tel chômeur se suicide et pas tel autre. Les chiffres ne sont que des indicateurs, pas plus.
C’est un « problème grave d’identité ». Ils ont quelque chose à dire aux autres : je veux que ça s’arrête. Ce dont ils ont conscience. D’ailleurs, ils utilisent des moyens qui visent la tête pour l’anéantir. Mais, à leur insu, ils sont animés de pulsions meurtrières. D’ailleurs, les assassins se suicident souvent après leur acte.
Le suicidant est animé du besoin d’exprimer quelque chose, voir plus, continuer à exister au dépend de l’existence de l’autre. Il inflige ainsi sa vengeance à l’autre. Pour se tuer en survivant dans la tête de l’autre, devenir un pur fantôme dans la mémoire de ceux qui restent.
Argument : pour les circonstances du suicide, il y a deux solutions. Soit, c’est spectaculaire. Le suicidé met la vie des autres en danger. Soit, le suicidaire fait seulement tache dans un environnement qui parait habituel.
Les endeuillés sont littéralement possédés pas la présence du mort. Ce qui était l’espoir secret du mort. Exemple de Jeremy, 18 ans. Il ne fait rien que de regarder
Ces questions identitaires ne font pas toujours partie du domaine de la santé mentale. Pas exclusivement. Les statistiques froides, le célibataire, le divorcé, ne résistent pas à ce genre de choses : la schizophrénie,
Lesquelles ? Le sentiment de ne plus exister pour les autres.
L’incarcération en prison par exemple, pas à n’importe quel moment. Au début ou à la fin de l’incarcération. Au début, on va les quitter, tout est fini. A la fin, ils ont peur de revenir dans la vie sociale. On peut d’ailleurs se suicider avec pas grand-chose. Un simple sac sur la tête, un lavabo, un bol ou même les piles d’un transistor.
Un autre exemple, la situation d’abandon des personnes âgées, bien plus que le cancer. La zone la moins suicidogène de Bordeaux est le centre anti-cancéreux. Car, cela les amène plutôt à se battre.
Dans les camps de concentration, le suicide était un évènement très rare. Pourtant, les moyens ne manquaient pas. Donc, le suicide est rare dans les situations de survie. D’ailleurs, les femmes enceintes sont très protégées du risque suicidaire.
Autre raison identitaire : les explosions identitaires qui n’ont pas été suffisamment préparées. Les adoptions en Asie. Il y a une configuration de l’adoption qui comporte un risque de suicide, l’adolescent par des parents qui n’ont pas d’enfant. Ce genre d’adoption est plus facile que celle d’un enfant de Libourne. Ces sont souvent des enfants littéralement à vendre. Ces couples se réparent sur le dos de l’enfant. Exemple de Magalie, six ans. Ses parents se demandent s’ils ne vont pas lui faire sauter une classe. Mais, tous les jours ses camarades lui demandent pourquoi ses parents ne sont pas jaunes. Elle se surinvestit dans
Autres circonstances traumatiques : le viol.
D’autres circonstances : il y a du meurtre dans l’air. Le père qui attaque sa fille sur le début de sa sexualité, « alors, ça pousse ? ». Estelle se fâche. Le lendemain, son père se tue en voiture. Estelle va se sentir responsable de sa mort. Ou alors, l’enfant qui culpabilise de la maladie de sa mère. A chaque fois que l’agressivité naturelle n’est pas contenue dans le contexte familial. Ou quand, l’enfant sent que ses parents n’ont pas réussi à se forger une identité pendant leur propre adolescence et rentrent en vrille eux-mêmes. Là, il y a des suicide en série. D’abord, l’adolescente, puis son père. Une sorte d’escalade en passage à l’acte. Ils sont tous en train d’essayer de se suicider.
Chacun s’envoie son suicide à la figure pour tenter de se faire reconnaître par l’autre. C’est caricatural dans les suicides familiaux comme ça. Mais, très fréquent pour l’entourage d’un suicidé, un entourage qui n’est pas en mesure de surmonter ce décès. C’est fréquent. Après une tentative, les parents ne sont souvent pas joignables, car ils ont décidé de faire payer à leur enfant son passage à l’acte. Ou alors, la fratrie qui se met à passer à l’acte, car elle s’est rendu compte que c’était le seul moyen de se faire reconnaître.
Donc, la seule façon de prévenir le suicide est de reconnaître l’identité de l’autre. Sans le mettre au défi de faire ce qu’il menace de faire. Pour lui permettre d’exister, d’avoir une place et une position.
[1] - « Le suicide », La Mort : regards croisés : cycle de conférences "l'Invité du Mercredi", Service culturel Université Victor Segalen de Bordeaux 2, 2005, Pommereau Xavier, Production et Réalisation Département Communication, Audiovisuel, Multimédia, Université Victor Segalen Bordeaux 2 SCD médecine Nancy, 12 janvier 2005.
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