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1/04/2008

IRM et suicide: les lendemains qui chantent

De mauvaises nouvelles pour le dialogue. Lire.

10/03/2007

Pétitions contre les tests ADN

L'hebdomadaire satirique Charlie Hebdo et l'association anti-raciste SOS-Racisme ont lancé une pétition contre la possibilité de recourir à des tests ADN comme preuve de filiation, actuellement en débat au Parlement. Elle s'oppose à l'amendement Mariani (Député UMP).

La pétition

Les auteurs appellent le président de la République Nicolas Sarkozy et le gouvernement "à retirer cette disposition, sous peine de contribuer, en introduisant l'idée que l'on pourrait apporter une réponse biologique à une question politique, à briser durablement les conditions d'un débat démocratique, serein et constructif sur les questions liées à l'immigration".

Et les autres pétitions :

http://tmp.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1625

http://www.ma6tvachanger.fr/

Monumental ment

Un texte de LChe: " Ce billet est dédié à Xavier Turbulin (*) Mardi 2 octobre 2007 Hier, une femme pieds nus, une clocharde, déambulait au milieu de la route. Quand elle rejoignit le trottoir, elle importuna une dame très digne qui remplissait le coffre de sa voiture (neuve) de boîtes d'aliments pour chat. Le coffre plein de l'une. Les pieds nus de l'autre. La ministre de l'Emploi, Christine Lagarde - avocate d'affaires ayant brillamment réussi Outre-Atlantique avant d'accepter, honorée, ses nouvelles fonctions, a présenté aujourd'hui les contours de la prochaine fusion de l'Agence Nationale pour l'Emploi et des Assedic ". Lire la suite de l'article de LChe (*) chômeur qui s’est immolé par le feu le 1er mai 1993 à Bordeaux. Cet homme, âgé d’une trentaine d’années, a déclaré aux sauveteurs avant de décéder « qu’il ne supportait plus d’être sans travail depuis un an ». Il s’était aspergé d’essence avant de l’enflammer, peu avant minuit, sur le quai de Brienne, à la sortie de Bordeaux. Ce même jour, le 1er mai 1993, l'ancien Premier Ministre Pierre Bérégovoy s'était également suicidé, ce qui avait complètement occulté dans la presse le geste de désespoir de Xavier Turbulin (source)

9/24/2007

Décès de la chinoise défenestrée à Paris, appel à manifester

PARIS (AFP)

La Chinoise sans-papiers de 51 ans qui s’était défenestrée jeudi à Paris à l’arrivée de la police est morte vendredi soir à l’hôpital Georges-Pompidou, suscitant des réactions indignées d’organisations de défense des droits de l’Homme qui ont appelé à manifester ce lundi à 18h30.

Le réseau Education sans frontières (RESF) a appelé à une manifestation "sur les lieux du drame", 41 boulevard de la Villette (Xe), appel auquel s’est joint le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (Mrap).

Chulan Liu, selon le nom donné par RESF, avait été hospitalisée après avoir enjambé la fenêtre, depuis le premier étage d’un appartement du 41, boulevard de la Villette (Xe) à l’arrivée de la police qui n’avait apparemment, selon la version policière, aucune intention de l’interpeller.

Selon une source proche de l’enquête, la femme avait tenté de fuir par la fenêtre et s’était retrouvée sur l’auvent d’un magasin. De là, en se suspendant par les bras, elle avait tenté de sauter sur le trottoir et était tombée lourdement sur la tête.

Des policiers s’étaient présentés jeudi après-midi chez un ressortissant chinois afin de lui remettre une convocation judiciaire devant le tribunal de grande instance (TGI) de Meaux (Seine-et-Marne).

La femme, qui habitait chez cet homme, aurait pris peur à l’arrivée de la police car elle est en situation irrégulière.

Le ressortissant chinois visé par la convocation judiciaire avait été mis en cause, à Meaux, par un compatriote qui l’avait dénoncé comme étant "son logeur" et l’accusait de "vols de vêtements et d’effets personnels".

Cette affaire intervenue après celle d’Ivan, adolescent russe de 12 ans grièvement blessé après une chute lors d’une tentative d’interpellation de ses parents par la police, le 9 août à Amiens, avait relancé la controverse sur les expulsions de étrangers en situation irrégulière.

350 personnes ont manifesté vendredi soir devant l’immeuble où s’est produit l’accident pour dénoncer "le climat de terreur" dans lequel vivent les immigrés sans-papiers.

En appelant à la manifestation de lundi, RESF a assuré dans un communiqué que "l’issue fatale de ce drame a été soigneusement cachée pendant plus de deux jours".

RESF "demande que cesse immédiatement la traque quotidienne aux étrangers, les contrôles aux faciès, la chasse aux enfants, le démantèlement des familles qui provoquent un climat de terreur dans nos quartiers".

Pour France Terre d’Asile, "cette mort n’est pas à ranger au rayon des faits divers, elle est la conséquence de politiques migratoires assumées, revendiquées par les Etats européens et, en particulier aujourd’hui, la France".

De son côté, le Mrap a affirmé dans un communiqué qu’il "tient pour directement responsable et comptable le gouvernement de cette tragédie", car, selon lui, cette chinoise en situation irrégulière "a été arrachée à la vie par la terreur d’un politique du chiffre cruelle, inhumaine, et désormais criminelle".

La présidente du groupe communiste au Sénat, Nicole Borvo, a également écrit lundi à la secrétaire d’Etat aux droits de l’Homme, Rama Yade, pour dénoncer "l’attitude des pouvoirs publics à l’égard des étrangers".

9/22/2007

Cous tordus au palmarès de Hortefeux

Voici le « palmarès » des « cous tordus » par l'application de l’article 78 du CP (visite de la police au domicile si défaut de présentation aux convocations au commissariat) :

- Le 20 09 2007, une chinoise se défenestre boulevard de la Vilette à Paris

- Le 12 09 2007, un jeune tunisien se défenestre du 4ème à Péage-de-Roussillon au Nord de l’Isère

- Le 9 08 2007, Ivan se défenestre à Amiens

- Le 4 08 2007, Sébastien un jeune congolais se jette du 2ème étage de l’hôtel de police de Lyon

- Quelques mois avant, Mokhtari un jeune algérien se défenestre à Villeneuve à Grenoble (RESF)

D’un côté, il y a la loi, celle qui a été votée par nos parlementaires.

De l’autre, il y a la circulaire du préfet qui mobilise, met en action la police ou les gendarmes via ses requêtes auprès du procureur. Le préfet agissant lui-même selon les indications de Brice de Hortefeux.

Au total, Hortefeux ajoute sa propre action aux textes existants. Il en rajoute et c’est en trop, c’est en excès, c’est excessif.

Pourquoi la chose est-elle obscène ?

Car c’est le sentiment nauséeux qui me vient quand je lis les conclusions de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) pour rechercher la cause des blessures d’Ivan : « Il ressort de l’enquête qu’aucune faute pénale n’a été relevée à l’encontre des policiers», l’intervention de la police s’était faite «en dernier recours».

Certes, ces policiers ont été contraints par leur ministre via le préfet. Donc, ils ne sont pas en faute.

Mais, le « dernier recours » était-il vraiment le dernier possible ?

Qu’a fait Hortefeux quand ces jeunes gens se sont balancés par la fenêtre ?

Il a demandé des comptes aux préfets sur les expulsions pour la « faiblesse de leur rendement en nombre d’expulsions ».

C’est-à-dire qu’il faut des chiffres. Il lui faut pouvoir dire : « ce mois-ci, j’ai (mes préfets ont) expulsé tant de personnes hors de France ».

La comptabilité chiffrée des défenestrations mérite donc amplement, selon l’usage correct de la langue française, le qualificatif de « palmarès ». Hortefeux pourra compter ces défenestrations à la liste de ses succès en matière d’expulsion !

L’obscénité vient de l’action de réaliser, traduire dans la réalité, ce qui est seulement une possibilité donnée à la police par des textes législatifs.

Sur le plan du droit, il n’y a pas de faute.

Fortefeux est inattaquable, il applique, il ne fait que appliquer. Il s’applique à remplir ses objectifs en nombre d’expulsions.

Mais cette législation est-elle si assurée ?

Je ne mentionnerai qu’une chose.

L’actuelle politique du Danemark en matière d’immigration a fait l’objet de vives critiques de la part notamment de l’ancien Commissaire européen aux droits de l’homme, Alvaro Gil-Robles, mais aussi du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR ).

5/30/2007

Actes et passage à l'acte, le 22 juin 2007

Prendre contact avec Alain Bellet (0660672035)

De 9h15 à 17h à la Chapelle de l’Hôpital de Ville-Evrard 202, Av. Jean Jaurès à Neuilly sur Marne. R.N. 34. (RER A, Neuilly Plaisance +Bus 113)

Journée assurée par les crédits généraux de la Formation Permanente de l’Hôpital. Pour toutes les personnes concernées, remplir une liasse « Formation Permanente » et la transmettre le plus tôt possible au Service de la Formation Permanente. Pour toutes les autres personnes, accès libre mais nécessité d’informer de votre venue le Service de la Formation Permanente le plus tôt possible également: 0143093475


Acte et passage à l’acte

Comme au début du 19ème siècle, l’acte (criminel) constitue toujours un horizon indépassable de la pratique de la psychiatrie, via l’expertise, l’hospitalisation sous contrainte, la question de la responsabilité (celle des patients, mais celle aussi des médecins et des institutions à l’égard de la justice et du public). Sans nier d’ailleurs la menace concrète que font peser un certain nombre de psychotiques (car nous ne discuterons pas spécifiquement de l’acte dit « pervers »), on oublie cependant que les premières victimes de ces passages à l’acte sont les malades eux-mêmes, dont le suicide est une cause majeure de mortalité. Au quotidien, c’est bien davantage cette issue que redoutent nos services, et bien moins des crimes contre autrui statistiquement bien plus rares. Aussi appelle-t-on régulièrement à une « clinique de l’acte » dont le but serait de fournir les critères de son imminence, voire les moyens de le prévenir. Hélas, l’acte, par définition, impose son après-coup. L’après éclaire l’avant, et encore ! il semble extrêmement difficile de généraliser l’expérience des signes avant-coureurs de l’acte d’un malade à l’autre. C’est que l’acte n’est sûrement pas réductible à une crise qu’on voit venir comme la fièvre qui monte. L’angoisse n’est pas un simple ressort biologique susceptible de se détendre soudain, et les sujets ne s’essayent pas à l’acte en trahissant quelque chose comme des intentions dont on puisse s’alarmer. Les concepts médicaux ordinaires s’avèrent ici particulièrement inutiles en psychiatrie, parce que penser en termes de processus, ou appliquer une psychologie du sens commun, voilà ce que mettent justement en échec l’acte et le passage à l’acte. La psychiatrie classique n’était pas sans outils pour spécifier les situations de danger, et elle savait justifier avec un degré respectable de vraisemblance les décisions de surveiller ou de laisser libre tel ou tel malade. Avec le recul de cette clinique, qu’on n’apprend pas juste dans les livres, et la modification des circonstances institutionnelles (médico-légales), la tentation s’est avivée de recourir à un traitement statistique de la dangerosité, et, vu qu’on ne sait plus grand-chose au niveau des individus, de les « traiter » en masse, avec toutes les conséquences qui s’ensuivent : retour des pratiques coercitives appliquées au nom du principe de précaution, protocoles impersonnels, juridisme minant les liens de confiance entre les soignants, les familles, et des patients parfois menaçants, mais le plus souvent plus pour eux-mêmes que pour les autres. A moins qu’il ne faille prendre les choses par un tout autre bord, au risque, assumé, d’un autre discours sur l’acte et le passage à l’acte. C’est celui que nous prendrons en sollicitant des cliniciens aguerris aux questions du crime et du suicide, psychiatres et psychanalystes, en leur demandant de préciser quel sens ils donnent aux notions fondamentales qui semblent baliser le champ de toute réflexion sur l’acte, et de nous expliquer comment la façon dont ils les entendent oriente leur pratique. Si la psychanalyse en effet fait une différence, c’est en imposant qu’on distingue le sujet d’un acte du simple agent d’une action (même si cette action est intentionnelle, suit un plan, exige des choix, etc.). Du coup, on comprend pourquoi certains actes n’ont pas de sujet, mais témoignent au contraire de la défaillance de tout sujet, et jaillissent, pour ainsi dire, à partir de cette défaillance. Qu’appelle-t-on alors acte ? Quel lien entretient l’acte à l’action (motrice), à l’angoisse, à l’acting-out (dans le contexte d’une cure), puis au passage à l’acte ? Qu’est-ce qu’un automatisme ? Comment un agir est-il coordonné à un délire ? L’est-il toujours ? Peut-on penser un acte seul, sans un contexte de discours, et ce « dire » perdu qui sous-tend l’acte est-il dans tous les cas un dire délirant ? A partir de quel âge, d’autre part, peut-on poser un acte ? Et passer à l’acte ? Pour répondre, il faudra sans doute explorer plus avant les circonstances de l’acte. La clinique impose alors de flirter avec des catégories morales : choix libre ou choix forcé, acte réussi et acte « manqué », contingence ou fatalité, récidive ou répétition, « mort volontaire » et jouissance de la vie, acte comme geste muet et acte « de parole ». La leçon qu’on en retire le plus souvent, c’est que si l’acte n’est pas tellement ordonné à des signes (comme un symptôme en médecine), il l’est en revanche à coup sûr à des signifiants : ceux qui se renvoient l’un à l’autre, dans certaines boucles mortelles, le destin d’un sujet qui ne peut se sentir vivre qu’en obéissant à ce destin qu’ils lui dictent, mais qui, parfois, font de lui un pur objet, un cadavre déjà, qui tombe de ne s’être nulle part accroché à cette ronde. Ce que dit Freud, d’ailleurs, est-il si vrai : que le sujet ne croit pas à sa mort. Ces questions posées, d’autres surgissent. Ouvrent-elles la possibilité de faire quelque chose de l’après-coup ? Quand le suicide en est resté à la tentative, que faire, qui « prenne acte » de l’acte qui s’est imposé chez le sujet. Le faire parler ? Sans doute, mais comment, alors, ne pas induire la répétition de l’acte raté ? Faire parler n’a probablement de sens que si l’on aboutit à la production d’un savoir nouveau, là où un dire informulable s’était fait acte. Est-ce possible, et à quoi ressemblerait un tel savoir d’après l’acte, si l’acte a été commis précisément pour n’en rien savoir ? Après avoir ri, enfin, de la pauvreté des critères psychologisants ou statistiques de l’acte, peut-on revenir sur la difficulté ? La psychanalyse propose-t-elle d’autres critères, plus subjectifs, de ce qu’il faut craindre ? Et ces critères, comme ces pratiques nouvelles du suivi de l’acte (de la tentative de suicide, et pourquoi pas ? de la tentative de crime), sont-ils entendables au-delà du cercle des professionnels, dans l’institution judiciaire ou la vie sociale en général ? Nous avons finalement pensé que ces questions, toutes ambitieuse qu’elles soient, méritaient de résonner encore dans l’enceinte de l’hôpital, parce que l’intolérance au risque, l’aversion pour l’imprévisible et la conjuration systématique de toutes les menaces contre les personnes et les biens, si typiques de nos sociétés, ne devaient pas émousser ce que les passages à l’acte nous apprennent, et qui est une certaine vérité sur nous.


Les intervenants et leurs textes

Matin: modérateur, Pierre-Henri Castel

Daniel Zagury (psychiatre, expert auprès des tribunaux), psychanalyste: Le recours à l'acte

Jean-Jacques Tyszler (psychiatre, psychanalyste, membre de l'ALI): Le point d'acte : entre le passage à l'acte et l'acting out.

Geneviève Morel (psychanalyste, membre d'ALEPH): Rencontres fatidiques

La vie d'un criminel paraît souvent incroyable : l'accumulation de mauvaises rencontres et de hasards invraisemblables donne l'impression d'une détermination opaque qui nous échappe. On parle alors du destin. Mais n'est-ce pas là une notion transcendante, eschatologique et donc religieuse ? La psychanalyse nous permet-elle une approche rationnelle du destin ?

Franz Kaltenbeck (psychanalyste, membre d'ALEPH): La part de la contingence dans la causalité d’actes délinquants et criminels.

J’essaierai de montrer, à propos de quelques récits cliniques, qu’un élément contingent, une expérience de jouissance du sujet, peut amener à un acting-out ou un passage à l’acte, que les seules surdéterminations pathologiques, familiales, sociales du sujet ne peuvent pas expliquer.

Après-midi, table ronde, modérateur: Alain Bellet:

Corinne Tyszler (psychiatre, psychanalyste, membre de l'ALI): Quel acte du praticien face au passage à l'acte de l'adolescent ?

Marie Jejcic Maître de conférence à Paris XIII et Hervé Bentata (Psychiatre, psychanalyste, membre de l'ALI) : L’adolescent dans la communauté éducative. Du passage à l’acte des Uns à celui des Autres, quel pas ?

L. Sciarra (psychiatre, psychanalyste, membre de l'ALI): Du tac au tac : le passage à l'acte, une réponse dans le réel.

On est là pour le jogging, pas pour parler du suicide !

Si le suicide est génétique, l'affaire est close avec deux petits coups de cuillère à pot ! Fermez les bancs ! Circulez, joggez ! Il n'y a plus rien à dire ! Un petit mot de condoléances à l'adresse des familles endeuillées ne ferait peut-être pas de mal ? Non ? La politique qui s'appuie sur la science montre son envers. Elle passe en courant sur les sujets en souffrance. Entre deux dossiers, Nicolas Sarkozy s'offre un jogging au fort de Brégançon Le président Nicolas Sarkozy s'est offert trois quarts d'heure de jogging samedi matin sur le chemin de Cabasson, à côté du fort de Brégançon (Var), entouré de son service de sécurité habituel, a constaté un correspondant de l'AFP.

Interrogé à son retour sur la tentive de suicide de deux adolescentes à Ajaccio, M. Sarkozy a répondu : "je ne suis pas là pour parler de çà, mais c'est abominable".

Peine de mort et suicide en Chine : passé, présent, comparaisons

Séminaire commun des Professeurs Mireille Delmas-Marty, Chaire d'Etudes juridiques comparatives et internationalisation du droit, et du Professeur Pierre-Etienne Will, Chaire d'Histoire de la Chine moderne

Résumé

Associant la problématique du suicide à la question de la peine de mort, nous partirons des approches de la vie et de la mort dans la pensée chinoise pour ensuite comparer les pratiques juridiques et judiciaires dans le temps – l’histoire chinoise – et dans l’espace – la situation chinoise contemporaine comparée à celles du Japon, de l’Europe et des États-Unis. À mesure que ces pratiques s’internationalisent, sous la double influence des droits de l’homme et du droit international pénal, l’interdisciplinarité de la recherche (historique, philosophique, juridique) devient en effet nécessaire pour ouvrir la voie vers une mondialisation qui ne soit pas synonyme d’occidentalisation. D’où la double interrogation qui conclura nos journées, sur la possible émergence d’une communauté de valeurs et sur l’avenir d’une abolition universelle de la peine de mort.

Programme

Mercredi 20 juin

9 h 30-12 h 30

Introduction générale Mireille Delmas-Marty et Pierre-Étienne Will (Collège de France)

Symposium : « Approches de la vie et de la mort dans la tradition intellectuelle et religieuse chinoise »

Anne Cheng (INALCO) Jean-Noël Robert (EPHE) Catherine Despeux (INALCO)

Pierre-Étienne Will (Collège de France), « La question de la vie et de la mort dans la Chine pré-moderne vue à travers la problématique du suicide »

14 h-18 h

Jérôme Bourgon (CNRS, Lyon) : « La peine de mort dans les codes impériaux »

Zhang Ning (Université de Genève), « Le corps et la peine capitale dans la tradition juridique chinoise »

Françoise Lauwaert (Université Libre de Bruxelles), « Intention, causalité et responsabilité : jurisprudence de l’accident et peine de mort au 18e siècle »

Luca Gabbiani (EFEO), « Folie, parricide et peine de mort dans le Code et la jurisprudence des Qing »

Jeudi 21 juin

9 h 30-12 h 30

Jérôme Bourgon (CNRS, Lyon), « L’avant-dernier démembrement : le crime et le châtiment de Wang Weiqin (1904) »

Li Qinglan (avocate au barreau de Paris), « La peine de mort dans la Chine contemporaine : étude de cas »

Lu Jianping (Ecole normale de Pékin), « Regards croisés sur la réforme de la peine de mort en Chine ».

Éric Seizelet (Institut d’Asie Orientale, Lyon), « L’abolition de la peine capitale et la notion de peine de substitution : le cas japonais »

14 h -18 h

Geneviève Giudicelli-Delage (Université de Paris 1), « Approches de la vie et de la mort en Europe »

Stefano Manacorda (Université de Naples), « La peine de mort en Europe »

Naomi Norberg (doctorante Université Paris 1), « La peine de mort aux Etats-Unis »

Mireille Delmas-Marty (Collège de France), « Vers une conception commune ? »

Robert Badinter (Ancien ministre de la Justice, Sénateur), « Conclusions »


Ville
  • Paris (75) (Collège de France 11 Place Marcelin Berthelot 75005 Paris - Salle 2-)
Dates
  • mercredi 20 juin 2007
  • jeudi 21 juin 2007
Contact
  • Françoise Segers courriel : francoise [point] segers (at) college-de-france [point] fr
    Collège de France Institut du Monde Contemporain 3 rue d'Ulm 75005 Paris
Url de référence
Source
  • Françoise Segers courriel : francoise [point] segers (at) college-de-france [point] fr

Conférence « Suicide des jeunes : perte de liens sociaux »

22 mai 2007

Stop suicide

Mercredi 30 mai 2007, à 18h30 Uni-Mail, salle R 040 Bvd Carl-Vogt 102

Intervenants : - Dr. Gérard SALEM, psychiatre, directeur de la Consultation interdisciplinaire de la maltraitance intrafamilile (CIMI) et auteur notamment de Le combat thérapeutique (Armand Colin) - Aurélie JAECKLÉ, lic. ès sociologie, première présidente de STOP SUICIDE et auteure du mémoire « Rupture des liens sociaux et tentatives de suicide chez les adolescents »

Conférence organisée par STOP SUICIDE avec l’Association des étudiants en psychologie de l’Université de Genève (ADEPSY).

Le suicide est la première cause de mortalité des jeunes de 15 à 24 ans. On peine souvent à en identifier les causes, tant celle-ci sont hétérogènes. La rupture de liens familiaux, amicaux, sociaux, le sentiment d’exclusion, sont-ils au coeur de ce fléau social ?

5/29/2007

Un blog contre le suicide « concerté »

Il semble que la discussion sur les suicides des adolescentes d’Ajaccio glisse vers la question du rôle d’internet dans ces passages à l’acte, comme je le craignais.

D’abord n’oublions pas la possibilité qu’offre internet de mentir. Tout n’est pas à prendre au pied de la lettre. L’affaire du canular sur un jeu vidéo qui aurait provoqué des suicides en série au Japon en est un exemple. Il montre que Antenne 2 s’est (trop) vite engouffrée dans la théorie d’une épidémie sur internet (disponible ici). Le japon a fait office d’écran sur lequel les journalistes d’Antenne 2 on projeté leur fantasme.

Mais, nombreux sont ceux qui n’en démordent pas. Si ce n’est pas au Japon, c’est sur internet et les blogs. L’internet serait dangereux. Ce qui compte, c’est de pouvoir localiser le danger ailleurs qu’en soi même ou dans sa propre famille.

L’attaque est directe dans l’article alarmiste du Figaro sur le blogs qui « favorisent les défis » (Agnès Leclair du 26 05 2007, Le Figaro.fr) ou par Claire Chazal sur TF1 malgré un reportage contradictoire. Ou plus « scientifique » pour Marie Choquet, épidémiologiste et chercheur à l'Inserm.: « Le suicide collectif risque néanmoins de se développer via les nouveaux moyens de communication comme les blogs sur Internet, craint-elle. « Ces blogs peuvent en effet faire croire que le suicide est facile, fréquent, et donner envie à d'autres adolescents en dépression de suivre cet exemple, surtout s'il y a un défi derrière. ». Pourtant, Choquet reconnaît qu’ils sont rares : « Les pactes de suicide entre adolescents ont toujours existé, mais restent rares ». Mais ce n’est pas grave, « c’est possible ».

Et que dire de la mise en cause d’internet par une association sponsorisée par la BNP. Que vient faire la BNP là dedans ?

Ces choses sont assez choquantes pour avoir scandalisé Thierry Crouzet, Jerome Colombain ou incité Michael Stora à qualifier ces propos « d’alarmistes ».

Le 28 mai 2007, nous apprenons plusieurs choses.

Premièrement, l’une des collégiennes était déjà suicidaire depuis plusieurs mois. Au point que ses camarades s’en sont alarmées sur son blog : « Zoé, toi la fille qui me manque le plus, toi la fille pour qui je m’inquiète, toi la fille à qui je demande de revenir le plus vite car sans toi la vie n’est plus la même. Ne me refais plus jamais de frayeur comme tu m’as fait car je ne veux pas te perdre pour des conneries ». Elles ont essayé d’utiliser l’internet pour l’en dissuader. Donc, non seulement l’internet n’a pas poussé la jeune fille au suicide, mais de plus, bien que ses camarades l’aient tenté, l’influence d’internet ne s’est malheureusement pas avérée assez puissante pour l’en empêcher. Ce qui place ces deux passages à l’acte très loin de la supposée vertu "contagieuse" des blogs et qu'on leur prête des pouvoirs sur-estimés.

Deuxièmement, la thèse d’un « jeu de défis morbides » est exclue. Le procureur l’a démentie et a "la conviction qu'il n'y a pas de réseau de pensée organisé" entre les deux adolescentes et leurs fréquentations, au sein du collège. Donc, pas de « jeu destructeur de trompe-la-mort, sur le mode du «t'es pas cap» qui existe dans toutes les cours de collège » et pas de « jeu mortifère », hypothèse imprudente avancée par Françoise Facy, épidémiologiste et directeur de recherche à l'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Pas de « conduites de risques » non plus.

Comme le préconise Lacan, il fallait se hâter de ne pas comprendre trop vite.

Il ne reste de pertinent que la notion de « concertation » avancée par le procureur (je ne crois pas faire de mauvais esprit en soulignant sa curieuse formule "double tentative concertée". Si la tentative était concertée, elle était forcément double. Par contre, si la tentative est double, elle n’est pas forcément concertée). Le 28 mai, l’expression est plus atténuée, la « concertation » devient un « effet d’entraînement » pour la troisième collégienne, .

Pour Hefez, c’est une « folie à deux », plus trivialement, « elles se montent le bourrichon » (sic !), ou plus savant, un « effet d’entraînement » (Libération du 26 mai 2007).

Ou encore du « minétisme » pour Raynaud.

Enfin, Stora semble approcher des choses plus sérieuses quand il affirme : « Quand un ado fait une annonce de suicide sur son blog et, pire qu’il passe à l’acte, il y a là une dimension spectaculaire, une mise en scène, un besoin désespéré d’être reconnu dans son suicide, d’exister dans le regard des autres. A la limite - et c'est terrible, ces adolescents espèrent qu’on parlera de leur suicide dans les journaux ».

Alors, je crois que je vais continuer à m’inspirer de Lacan et de continuer à ne rien y comprendre tant que nous n’en saurons pas un peu plus sur la deuxième collégienne.

5/26/2007

« Défi morbide » et épidémie de suicide concerté par blog interposé ?

J’ai été surpris par la rapidité avec laquelle les médias s’emparent du suicide par défenestration de ces deux (trois ou plus?) collégiennes à Ajaccio. D’habitude, le suicide de quelqu’un ne parait pas vraiment susciter la compassion des médias, je suis désolé de le dire. C’est comme s’il fallait quelque chose en plus pour que cela passe sur la scène publique.

Par ailleurs, je n’oublie pas que les histoires de suicide concerté se caractérisent par un côté factice dont nous voyons la trace dans l’histoire du suicide collectif de collégiennes japonaises via les blogs et internet. C’était faux. Le phénomène était parti d’un canular et les journalistes y avaient crus. Ce qu’il fallait alors souligner, c’est l'effet de caisse de résonance que produit la télévision : elle en avait ajouté sur le côté sensationnel. Pour nos trois collégiennes françaises, je me suis posé la question. Pourquoi cela n’est pas indifférent au public qu’il s’agisse d’un suicide à plusieurs ?

Je dois dire qu’en séance, les histoires de suicide concerté sont rares. Très rares. Je cherche un peu et ce dont je me souviens ce sont surtout les histoires de personnes dont le conjoint est décédé et qui veulent le rejoindre. Dans ce cas, il y a un écart entre les deux passages à l’acte. Ils ne sont pas simultanés même si l’intervalle peut être très court. Il y manque justement ce que le procureur nous suggère à propos des collégiennes, une décision prise à deux ou plus. A cet égard, les médecins qui s’occupent des collégiennes d'Ajaccio font preuve de la prudence indispensable dans ces circonstances. Ce genre de prudence qui pourra permettre aux collégiennes de prendre du recul par rapport à leur acte.

Et puis, tant que nous n’en saurons pas un peu plus sur l’histoire de chacune d’entre elle, il ne sera pas possible de dire si la décision était collégiale, concertée, si l’une a entraîné l’autre ou si plusieurs individualités préalablement suicidaires se sont rencontrées autour de ce projet constitué dans un après-coup. Cette possibilité que l’une ait eu assez d’emprise sur l’autre ou, pire, que l’une au moins des collégienne n’était pas suicidaire avant sa rencontre avec les deux autres, est particulièrement angoissante. Je crois qu’elle contribue à la sensation de l’évènement. Et nous sommes dans une configuration parfaite pour déclencher l’angoisse.

L’emprise est une fausse piste. Si l'emprise est ce fait qu'un sujet puisse enseigner l'autre dans la vie courante, nous sommes sans arrêt en train de subir « l’emprise » des idées des autres. Comment savons-nous, comment apprenons-nous, sinon par l’intervention de mécanismes d’emprise ? Et pour tout ça, il y a très peu de suicide. Heureusement.

La situation des collégiennes est assez énigmatique pour que l’on n’en sache rien et que l’on y mette nos propres fantasmes. Ces fantasmes apportent ce petit truc en plus qui a certainement mobilisé le procureur. L’histoire de ces collégiennes a cette particularité de nous « regarder ». C’est une « chose » qui touche directement chacun d’entre nous, sans détour. Le fait qu’il s’agisse d’un groupe souligne surtout la possibilité que ce ne soit pas l’acte d’un sujet isolé. Un acte sans que l’initiateur qui a incité les autres ne soit facilement identifiable. C’est pour cela que le procureur a déclaré vouloir « chercher dans toutes les directions » (Le monde du 26 mai 2007).

En termes lacaniens, ce suicide est une « chose » qui marque un vide totalement effrayant car non mesurable, indicible et sans sujet. Rien de connu et d’identifiable. Au passage, remarquons que ce suicide est l’exact inverse du projet politique de prévention de la délinquance appuyé sur les études de l’INSERM. Pour les politiques, il s’agit de dépister, d’évaluer et d’identifier les collégiens. Surtout ceux qui s’agiteraient un peut trop. Le suicide des collégiennes est absolument non identifiable pour le moment. On n'en connait pas le véritable auteur. Il montre au passage que le dépistage proposé par l’INSERM n’empêchera rien du tout quand au suicide.

A ce point, c’est ce que dit Ian Hacking qui me parait le plus pertinent. Car la notion d’épidémie de suicide est probablement un artifice. Une sorte d’idée construite de toutes pièces qui joue un rôle particulier pour la société et qui peut aller jusqu’à servir des intérêts (marchands, financiers) difficilement avouables au public. Il a ainsi montré comment les épidémies de « personnalités multiples » au USA étaient liés à une certaine normalisation de la psychiatrie. Nous savons qu’à partir des années 70, les psychiatres ont voulu définir une sorte de registre des pathologies psychiatriques (le manuel statistique de diagnostics : le "DSM"). Quelques dizaines d’années plus tard, on a assisté à des « épidémies » de « personnalités multiples » (un « trouble » qui consiste à penser que plusieurs personnes cohabitent dans un même corps). Ce listing avait surtout permis d’effacer ce que les symptômes peuvent avoir de singulier (l’hystérie a disparue du DSM). Pour remplacer cette singularité, de nouvelles dénominations de pathologies son apparues. En particulier, ce registre a crée de toutes pièces la catégorie des « personnalité multiples » dans laquelle nombreux sont ceux qui s’y sont reconnus. Hacking a montré que le DSM a bénéficié à l’industrie pharmaceutique qui produit ses médicaments en fonction de ces néo-diagnostics. La démarche a des effets commerciaux.

S’il y a des suicides en groupe, il faut donc plutôt se demander à quel type de normalisation répondent-ils. Ne serait-ce pas une réponse collective (donc non identifiable) à la tentative de répression de la « délinquance » (qui vise à une sur-identification des élèves) ? Même si le collège Laetitia-Bonaparte n’en fait pas partie, il ne faut pas oublier en effet que le fichage des élèves dans les collèges prend de l’ampleur en ce moment.

Freud ne croyait pas aux épidémies, il pensait qu’il fallait plutôt étudier les identifications et les relations d’objet de chacun des protagonistes au cas par cas. Dans « Psychologie des foules », il explique que les notions de suggestion et d’imitation sont un peu faibles pour rendre compte de tout ça. Il parle plutôt de l’objet et de l’idéal du moi. Une collégienne pourrait déplacer son objet là où se trouve son idéal du moi porté par une de ses copines que du coup l’on appellera « la meneuse». La personne idéalisée est très investie libidinalement, elle suscite à la fois le désir et les rêves de la première collégienne. La collégienne qui tient lieu d’objet-idéalisé peut très bien être déjà suicidaire pour des raisons plus anciennes qu’un blog ou une liste écrite au moment où le projet suicidaire se cristallise. Cette collégienne peut aussi jouer un rôle identique auprès d’autres élèves produisant un effet de groupe. Ainsi, plusieurs collégiennes sont réunies par un même objet-idéalisé. Il ne faut pas oublier la fascination qu’exerce l’énigme du suicide. La première collégienne ayant perdu, ou risquant de perdre son objet-idéalisé, par un processus mélancolique, l’objet devenu vengeur se retourne contre elle pour la précipiter vers un passage à l’acte.

5/04/2007

L'un des suicides du Technocentre de Renault est reconnu comme un accident du travail

LEMONDE.FR avec AFP | 04.05.07
a Caisse primaire d'assurance-maladie (CPAM) des Hauts-de-Seine a reconnu, jeudi 3 mai, comme un accident du travail le premier de la série des trois suicides de salariés du Technocentre de Renault, à Guyancourt. "Cette reconnaissance d'un lien avec le travail est une étape symbolique importante, sans compter les indemnisations auxquelles cela donne droit", a déclaré maître Rachel Saada, l'avocate de la veuve du salarié.

En octobre 2006, un ingénieur en informatique de 39 ans, et père d'un garçon de 11 ans, s'était jeté du 5e étage du bâtiment principal du Technocentre. "Depuis la rentrée il avait atteint un seuil critique : il s'inquiétait pour son avenir, pour ses missions, était surmené et mis en cause régulièrement par un membre de sa hiérarchie", précise Me Saada.

"Nous allons maintenant tenter de faire reconnaître la faute inexcusable de Renault, qui avait une obligation d'assurer la sécurité et de protéger la santé physique et mentale de son salarié", poursuit l'avocate. Renault a pour sa part "pris acte" de la décision de la CPAM, selon une porte-parole du constructeur automobile. NOUVELLE DÉCISION DE LA CPAM

La CPAM avait rejeté, le 17 janvier, dans une première décision le classement du suicide en accident du travail, après une enquête jugée "bâclée" par l'avocate de la veuve du salarié. La Caisse nationale d'assurance-maladie a demandé à la CPAM de réexaminer ce cas, ce qui a donné lieu à cette nouvelle décision.

Un deuxième cas de suicide, celui d'un technicien qui s'est noyé le 22 janvier aux abords du Technocentre, n'a pas été reconnu comme un accident du travail, a indiqué Renault. Selon une source proche du dossier, cette décision résulte du fait que le corps a été retrouvé aux limites du site. L'heure du décès n'étant par ailleurs pas précise, le salarié pouvait avoir mis fin à ses jours en dehors des horaires de travail.

4/02/2007

Sarkozy : on nait suicidaire

Un faute de jugement qui en dit long sur la politique de N. Sarkozy1 au sujet du suicide :

1- on nait suicidaire

2- c’est une fragilité qui échappe à l’environnement, aux parents

3- donc : si un jeune se suicide, « ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! »

C’est une erreur absolue car :

- quel le scientifique peut prétendre connaître le gène du suicide ?

- comment une personne pourrait-elle ignorer ce que son entourage lui dit ?

- est-il possible que ce que lui dit son entourage puisse n’avoir aucun effet ?

La conséquence politique est plus grave qu’une simple erreur de jugement : si le suicide est génétique, n’y a-t-il pas là le risque de laisser ces personnes en plan sous prétexte que contre les gènes, il n’y a rien à faire ?

Extrait de l'entretien rapporté dans Philosophie magazine

M.Onfray : « Il y a beaucoup de choses que nous ne choisissons pas. Vous n'avez pas choisi votre sexualité parmi plusieurs formules, par exemple. Un pédophile non plus. Il n'a pas décidé un beau matin, parmi toutes les orientations sexuelles possibles, d'être attiré par les enfants. Pour autant on ne naît pas homosexuel, ni hétérosexuel, ni pédophile. Je pense que nous sommes façonnés non pas par nos gènes, mais par notre environnement, par les conditions familiales et socio-historiques dans lesquelles nous évoluons ». N.Sarkozy : « Je ne suis puis d'accord avec vous. J'inclinerais, pour ma part, à penser qu'on naît pédophile, et c'est d'ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n'est pas parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d'autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense ».

1- « Confidences entre ennemis », entretien entre Nicolas Sarkozy et Michel Onfray, lu dans Philosophie Magazine, avril 2007, propos recueillis par Alexandre Lacroix et Nicolas Truong

3/09/2007

De l’agir à la représentation A l’Adolescence

Activités du centre Etienne Marcel

vendredi 23 mars 2007 A.S.I.E.M. 6 rue Albert Lapparent – 75007 PARIS En proie à une pulsionnalité nouvelle dont il ne sait que faire, l’adolescent se heurte à la radicalité du désir de l’Autre, à la méconnaissance du sien. Les représentations anciennes sont caduques quand l’adolescent se heurte à la butée du sexuel. A la condition d’en passer par les signifiants de la castration, seul l’acte lui permettrait de se « tirer d’affaire » alors que le recours aux conduites agies est risqué. Dans la cure aussi, l’acting out est une forme d’exhibition dans le transfert qu’il conviendra plus tard d’interpréter. L’adolescent n’a pas d’autre choix que d’inverser le mouvement habituel qui va de la représentation à l’agir. De l’agir à la représentation, il y a alors place pour une nouvelle élaboration qui contribuera à la subjectivation en cours. C’est à partir de leur pratique clinique avec les adolescents qu’analystes et psychothérapeutes aborderont la problémati-que de l’agir dans ses rapports à la représentation. BULLETIN D’INSCRIPTION Nom …………………………………………………………………….. Prénom …………………………………………………………………….. Adresse ………………………………………………………………... …. ….. ………………………………………………………………. Profession ……………………………………………………. …………….. Participation aux frais Inscription individuelle ………………………… 50 € Etudiants (jusqu’à 25 ans) …………………….. 10 € Formation permanente………………………….90 € Bulletin à renvoyer avec votre chèque établi à l’ordre : « Association du Centre Etienne Marcel » C.M.P.P. CENTRE ETIENNE MARCEL 10, rue du Sentier 75002 PARIS Comité Scientifique Didier LAURU François MARTY Florence MELESE Jean-François SOLAL Organisation Annie- Georges FAUBERT Fabienne EVENO Renseignements et inscriptions  01 42 33 21 52 ou cmpp.emarcel@noos. 9h-PULSIONS ET REPRESENTATIONS Discutant Christian HOFFMANN Psychanalyste Professeur des Universités Poitiers L’agir Adolescent Didier LAURU Psychiatre Psychanalyste La pensée en acte François MARTY Psychologue-Psychanalyste Professeur des Universités PARIS V *************** PAUSE *************** 11h- LA VIOLENCE DANS LA CURE : AGIR POUR REPRESENTER « Quoi, effrayé par un tir à blanc ? » Hamlet, III, 2 Jean-François SOLAL Psychiatre-Psychanalyste Fugue en do (Ado) majeur Nadia BUJOR Psychologue – Psychanalyste 14h - CLINIQUE DE L’AGIR Discutant Annie BIRRAUX Psychanalyste – Professeur des Universités Paris VII L’incestualité dans la famille Brigitte LARROCHE Psychologue - Psychanalyste Françoise DEBENEDETTI Psychologue – Psychanalyste « Tais-toi ou je t’abandonne sur le bord du chemin» - histoire d’une fente……. labiale Sophie CROMPHOUT Psychologue – Psychanalyste « Ça me soulage » Aude D’ARGENLIEU Psychologue – Psychanalyste 17h - Clôture mail : cmpp.emarcel@noos.fr

2/16/2007

Prévention du suicide au 5ème congrès de l’Encéphale

Le Dr C. Recasens [1] a assisté au 5ème congrès de l’Encéphale sur le suicide. Les interventions ont fait état des projets de prévention. Voici son résumé :

« Le suicide est « un fait social total » disait Marcel Mauss. Phénomène inter, trans et plurisiciplinaire, il se prête à différentes lectures que le Pr Walter (Brest) a présentées de façon dense et concise.

La lecture médico-psychiatrique, avec ses facteurs de vulnérabilité et de risque psychopathologiques, ses évènements de vie précipitant, conduit à une clinique dynamique d'où ressortent les particularités de la crise suicidaire, de l'urgence ou encore de la psychologie de l'intentionnalité dans le passage à l'acte. La clinique psychanalytique a contribué, avec J. Lacan à distinguer l'acting out, où le geste est inscrit dans une adresse à l'autre (suicide aliénation), du passage à l'acte où le geste traduit la rupture du lien à l'autre (suicide séparation). La lecture sociologique, après l'ouvrage de référence de Durkheim, est prolongée actuellement par les travaux de D. Le Breton sur l'évolution des conduites à risque.

90% des patients ayant fait une tentative de suicide quittent l'hôpital dans la semaine qui suit le geste. La prise en charge est donc essentiellement extra-hospitalière. A partir de trois études parues entre 2001et 2006 dans le British Médical journal, le Dr G Vaiva (Lille) a montré l'intérêt de différentes formes de suivi des patients. II ressort de ces travaux qu'il est très utile de recontacter les personnes et de pouvoir être à leur disposition concrètement dans les suites d'un geste suicidaire, ce qui contribue à diminuer la fréquence des récidives, Des actions plus ciblées sur des groupes à risques sont intéressantes comme la création de « hotline » pour les personnalités borderline, un travail de « postvention » sur le psychotraumatisme de l’entourage d’un suicidant ou encore des interventions plus construites auprès des personnes qui font une « primorécidive ».

Pour clore cette session, le Pr M Debout (Saint Etienne) a décrit la méthodologie de l'autopsie psychologique des personnes suicidées. Pour savoir si la psychopathologie des suicidés diffère de celle des suicidants, il faut apprendre ce que « les morts ont à nous dire ». Par des entretiens avec les personnes qui les ont connus, par la consultation des dossiers médicaux, on recueille des informations sur les troubles préexistants et les traitements reçus. Il est maintenant établi que les personnes qui se suicident sont plus souvent suivis médicalement que des sujets contrôles, qu'ils reçoivent des traitements psychotropes et que la posologie de ces traitements est souvent augmentée dans le mois qui précède le geste, indiquant la prise de conscience par le médecin de l’aggravation d'une situation. Il y a donc vraisemblablement des possibilités de développer des actions de formation pour améliorer les réponses dans ces situations à risque ».


[1] - Séance plénière, présidée par le Pr P Cosyns, 5ème congrès de l’Encéphale, le vendredi 26 janvier 2007, Résumé paru dans Abstract Psychiatrie, n°24, février 2007

2/08/2007

Les vertus de la parole

La tendance se confirme. Toujours rien dans la presse papier. Il y a un ou deux articles dans les quotidiens nationaux ou locaux. Puis, plus rien. Rétrospectivement, ces articles apparaissent comme une politesse rendue à la cause défendue par tant de bénévoles de l'écoute et des associations de prévention. Mais, et cela laisse un arrière goût amer, cela s'arrête là. La mayonnaise a bien du mal monter. Sur le net, il y a eu cette semaine une chose assez intéressante qui prouve les vertus de la parole. Michel Debout, vénérable organisateur de ces journées nationales pour la prévention du suicide, a accepté de répondre aux questions du "tout venant" dans un chat du Monde. Merci à lui, c'est courageux et assez didactique. Une question m'a fortement intéressée: le suicide des sans-papiers. Très, très... très bonne question ! Debout n'en sais rien. Il présume que toutes les conditions sont réunies pour favoriser le passage à l'acte quand quelqu'un se trouve dans cette galère. Mais, il glisse du côté des maladies associées, du harcèlement et de la violence conjugale. Que peux penser une personne à qui l'on refuse son inscription dans la société française. "Je ne le sais pas !", avoue-t-il. Le refus de donner des papiers est un acte ignioble de la République. Aux relents historiques plus que nauséabonds ! Et pourtant, sommes-nous si ignorants ? N'avions-nous pas entendu cet été ces histoires d'africains de l'ouest que le désespoir pousse à prendre leur esquif de pêche pour traverser l'océan et finalement buter sur la police des frontières espagnole, lire. N'est-ce pas vrai que l'espoir a poussé des centaines de personnes à ce suicide qui consiste à aller au delà de toute prudence ? La responsabilité de l'Europe n'apparait-elle pas lourde et criminelle quand elle rebute ceux qui croient en elle ? Alors, pourquoi escamoter la dimension politique de la prévention du suicide ?

2/07/2007

Les nouvelles du front

Hier, plusieurs émissions à la télévision sur plusieurs chaines et surtout à la radio. Les stations de radio font des choses intéressantes, des interviews ou des reportages. Mais, quand à l'écrit, c'est toujours la déception. Aujourd'hui : rien dans Libération et Le Monde sur le suicide. Dans le Nouvel Obs, à lire, une interview de Michel Debout, celui à qui l'on doit beaucoup pour la déstigmatisation du passage à l'acte suicidaire (et aussi l'oganisateur des JNPS).

2/06/2007

Toujours aussi désolant !

Les journées pour la prévention du suicide sont toujours aussi peu couvertes dans la presse . Hier: rien dans Libé et Le Monde. Aujourd'hui: deux articles dans Libération, un dans Le Monde plus une infographie (lisibles dans "suicide sites"). Et encore ... sur internet. Parce que dans l'édition papier: rien ! Ces articles sont d'une pauvreté qui confine soit à la pudeur, soit à une citation polie du communiqué de presse des JNPS. Le service minimum est assuré, pas plus ! Je commence à croire qu'il s'agit d'un symptôme. Ce silence a probablement des motifs qu'il serait utile de mettre à jour. Désintérêt ? Vu le nombre de personnes concernées, j'en doute. Que lit-on en ce moment ? Les débats participatifs. Il y aurait du nouveau en politique ? Le thème serait jugé non vendeur ? Pas original ? Il susciterait l'horreur ? Je ne sais pas, mais je crois que je vais suivre cette semaine de près pour essayer de comprendre un peu mieux pourquoi. A bientôt.

2/05/2007

Silence !

Je réagis peut-être un peu vite ?

Ce matin, j’ai eu la curiosité de regarder Libération et Le Monde sur la 11 ème journée nationale pour la prévention du suicide : rien de rien.

Je suis très déçu par nos deux illustres quotidiens. Vont-ils se rattraper dans les jours qui suivent ?

A la radio sur France Inter, c’était autre chose. L’information est passée. Mais, un peu classique. Combien, qui ou quand. Rien sur comment et pourquoi.

Est-ce mieux le silence de nos quotidiens ? Je ne le crois pas du tout. L’évaluation du suicide à la Bertillon, c’est : « donnez-moi votre âge » ou « comptez-vous ». Et après, c'est : « au revoir, débrouillez-vous! »

Très loin de: « que vous est-il arrivé Madame ? » Peut-être même pire que rien…

Pourquoi n’entendons pas les témoins, ceux qui ont connu cette situation. Pourquoi ne pas faire le portrait de l’une de ces personnes ? Leur donner la parole ?

Et ceux qui parfois des dizaines d’années après, pensent tous les jours à leur proche disparu ? N’auraient-ils rien à nous dire ?

2/01/2007

11èmes Journées Nationales pour la Prévention du Suicide

Du 5 au 10 février 2007, l’Union Nationale pour la Prévention du Suicide (UNPS) organise les 11 èmes Journées Nationales pour la Prévention du Suicide, en partenariat avec les régions françaises et avec le soutien de la Macif

A l’occasion des 11 èmes Journées Nationales pour la Prévention du Suicide, qui se tiendront durant la semaine du 5 février 2007, l’UNPS a souhaité aller davantage à la rencontre des personnes en détresse . Parce que l’action préventive des professionnels, écoutants bénévoles et familles doit s’ancrer dans un rapport de proximité, avec toutes celles et ceux qui connaissent la détresse et le désespoir, l’UNPS a noué pour la première fois un partenariat avec les régions françaises . Les régions participantes accueilleront un colloque sur le thème « Envie de la vie », ouvert aux professionnels, associations et familles concernées.

Un guide explicatif, réalisé en partenariat avec la Macif, sera distribué à cette occasion , afin de faciliter l’aide aux personnes en détresse.

Au cours de ces colloques, différents thèmes seront débattus : outre la dimension philosophique, psychologique et sociale de l’envie de la vie, la question "Comment donner envie…" sera abordée par divers intervenants (parents, soignants, éducateurs, associations, etc…). Parce qu’il existe de multiples moyens d’aider celles et ceux qui n’ont plus envie.

Les Journées Nationales pour la Prévention du Suicide seront également l’occasion de présenter les premiers travaux du "Comité d’Observation du Suicide et de sa Prévention" , souhaité par l’UNPS et mis en place sous l’égide du Ministre de la Santé et des Solidarités, Monsieur Xavier BERTRAND . Ce comité marque une étape significative dans la mobilisation des pouvoirs publics aux côtés des acteurs de la santé et du champ associatif et social, pour refuser la fatalité du suicide et inscrire la prévention dans une approche positive de la vie.

Contact Presse : Anne-Laure Bellon, Ogilvy PR – Tél : 01 53 67 12 77 – annelaure.bellon@ogilvy.com

Communiqué de Presse du 13 décembre 2006